Yves Mourousi Cocaine
Yves Mourousi Cocaine – Ce n’est pas 36 Mourousi, dit Marie-Laure Augry. Il dégageait un air de professionnalisme tout en imposant le respect. Son sens aigu des responsabilités était contrebalancé par sa tendance à suivre son instinct.
Cet homme dirigeait beaucoup d’hommes, mais ses hommes le respectaient profondément, et il était respecté en retour. Pourtant, cela s’est produit dix minutes avant JT, ce qui est légendaire. Et il avait lu les journaux et écouté la radio avant d’atterrir. Quand il dort, ce n’est pas pour très longtemps.
Yves a été l’un des premiers grands réalisateurs, avec notamment “sur la place Tian’anmen, lors d’une opération à cœur ouvert, à bord du Concorde”, entre autres. Je me souviens aussi d’un jour où nous attendions le président polonais Jaruzelski en tant qu’invité, mais à la place, Yves s’est présenté à l’antenne habillé comme lui, avec un imper et des lunettes de soleil.
A une autre occasion où l’on a vu le groupe assigner la chaîne, nous avons mis la tête à l’intérieur des casques de chantier Bouygues. Yves était quelqu’un de très provocateur, et Patrick Le Lay [le patron de l’Un au moment de sa privatisation, NDLR] n’était pas du genre à aimer la provocation. Donc, nous n’avons rien fait depuis notre dernier journal. Car « tout le monde attendait quelque chose », comme diraient les Français.
Patrik Poivre d’Arvor : «
À mon avis, c’était une nouveauté rafraîchissante et en aucun cas prévisible. C’était une personne extrêmement généreuse qui ne s’est pas retenue, et ils ont tout fait et ont brûlé la chandelle par les deux bouts. Il n’y a plus autant de personnes désagréables qu’avant. Contrairement à des individus comme Guillaume Durand. Maintenant, tout le monde a plus peur d’être laissé pour compte et personne n’est aussi excité par les grands spectacles qu’avant.
Dr Laurent Delahousse : «
J’ai vraiment respecté l’indépendance de ton affichée par Mourousi – son côté rock and roll – et je l’ai trouvé irrévérencieux, provocateur et d’une insouciance rafraîchissante. Il a brisé les codes et exposé les données. Parallèlement, il entretenait une relation tendue avec le gouvernement et utilisait son amitié avec Mitterrand pour tenter de sauver sa carrière.
Et aujourd’hui, je ne suis pas sûr que le téléspectateur aimerait qu’on adapte le journal comme lui. Personne ne possède de chaise dans cette pièce. Selon la génération du millénaire, “la star est le savoir, pas le présentateur”.
Monsieur Xavier de Moulins : «
Mon inspiration ultime et la raison pour laquelle j’ai choisi cette ligne de travail. Ce que vous avez entendu était la voix de quelqu’un qui aimait la vie et qui n’avait rien à cacher. Il semble que lui et Iggy Pop aient joué les extensions avant l’interview le jour où il a reçu Iggy Pop. Il était à la fois irrévérencieux et professionnel, comme les grands. Certes, l’ambiance n’était pas la même à l’époque, mais l’heure est à la frivolité et à la maîtrise de soi.
« Alain Duhamel : »
Même s’il n’était pas un journaliste politique, Mourousi était néanmoins un professionnel de premier ordre avec une personnalité unique, une aisance devant la caméra et une planification méticuleuse. C’était aussi la première fois que je voyais quelqu’un sniffer de la coke devant moi, juste avant une lecture d’un de mes livres à la librairie des 13-Heures. Peut-être essayait-il de m’expulser de la bourgeoisie. Certes, il a toujours été un génie éblouissant.
Mon autre souvenir est celui de cette célèbre émission télévisée où Mitterrand s’est assis sur le bureau du président et a discuté avec l’animateur David Letterman. Un spectacle qui m’a laissé émerveillé et inspiré. Et qui avait l’air tellement improvisé qu’il a dû être inventé. Mouroussi était le plus sérieux des grands improvisateurs. Il serait trop déconcertant de présenter le journal d’une grande chaîne de supermarchés en ce moment. Sauf Canal+.
Amar, Paul, «
Il était inhabituel pour un journaliste de faire confiance à un jeune. Un expert hautement compétent qui se trouve être également un génie créatif. C’était comme s’il était capable de maintenir deux vies indépendantes et débridées à la fois. Il pouvait converser avec les puissants tout en restant incontrôlable.
Par conséquent, il exerçait une complète indépendance et liberté personnelle. Mais il n’appartient plus au JT car la prolifération des journaux a ingénieusement produit une uniformisation de la qualité.
Pour citer Audrey Pulvar : «
Je me souviens encore de son ton, de sa gouaille. Même pour l’époque, cette personne sortait du lot. Malheureusement, il ne rentrerait pas dans l’univers structuré de JT d’aujourd’hui. Les revues d’aujourd’hui sont trop passives et manquent de l’engagement, de la clarté éditoriale et du courage éditorial d’antan. Chacun d’entre eux se ressemble exactement. Même PPDA ne s’intégrerait pas, et on pourrait lui donner un épisode controversé au lieu de JT.
Au milieu du scandale Delarue,
Le célèbre écrivain Bataille et Fontaine Laurent Fontaine a dénoncé le PAF pour son hypocrisie. Des propositions qui ont suscité de vives réactions chez certains de ses pairs, qui trouvaient qu’il généralisait trop vite. Dans le même ordre d’idées, Laurent Ruquier affirme que “quatre-vingt-dix pour cent” des animateurs ne se livrent pas à l’usage de drogue. “A part pour les Big Three que tout le monde connaît, je n’en connais pas beaucoup d’autres.”
Où se trouve exactement la vérité, alors ? Entre les deux, sans aucun doute. Il y a cependant eu quelques chats de télévision célèbres. Quelle est la preuve… Martin Jacques. Les fans se souviennent peut-être surtout de lui pour ses rôles dans L’école des fans et Le petit rapporteur, mais dans les coulisses, Jacques Martin était une âme torturée qui régnait sur ses proches et ne se contentait jamais de qui il était.